« Nos faces cachées » d’Amy Harmon

Publié: 16 mars 2015 dans Young adult
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Parution: Janvier 2015 Edition: Robert Laffont Collection R Genre: Young Adult

Parution: Janvier 2015
Edition: Robert Laffont
Collection R
Genre: Young Adult

 


4eme couverture
Ambrose Young est beau comme un dieu. Le genre de physique que l’on retrouve en couverture des romances. Et Fern Taylor en connaît un rayon, elle en lit depuis ses treize ans. Mais peut-être parce qu’il est si beau, Ambrose demeure inaccessible pour une fille comme elle. Jusqu’à ce qu’il cesse de l’être…
Nos faces cachées est l’histoire de cinq amis qui partent à la guerre.
L’histoire d’amour d’une jeune fille pour un garçon brisé, d’un guerrier pour une fille ordinaire.
L’histoire d’une amitié profonde, d’un héroïsme du quotidien bouleversant.
Un conte moderne qui vous rappellera qu’il existe un peu de Belle et un peu de Bête en chacun de nous…


Mon avis
J’ai beaucoup hésité à lire « Nos faces cachées ». Peur de la déception, peut être, avec tous ces avis super positifs sur ce livre. Je ne sais pas. Et puis, je me suis dit « Pourquoi pas ? » et j’ai sauté le pas. J’ai ouvert ce livre avec beaucoup d’appréhension, je l’ai refermé avec beaucoup d’émotion.

En lisant les premières pages, je me suis dit que j’allais avoir le droit au joli cliché de la fille moche qui devient belle et qui intéresse enfin le beau gosse du lycée qu’elle aime depuis toujours. Mais pas du tout ! L’histoire va bien au-delà de la simple histoire d’amour.

L’histoire commence, de façon assez banale, au lycée.

Fern, fille du pasteur, est la fille transparente du lycée, avec ses grosses lunettes, son corps de petite fille, son appareil dentaire. Elle a tout du vilain petit canard. Elle n’intéresse pas les garçons, et vit l’amour par procuration dans ses romans à l’eau de rose. Si le physique n’est pas son atout majeur, Fern a un cœur en or. Elle aime aider les gens et surtout son cousin et meilleur ami, Bailey.
Celui-ci, myopathe, est en fauteuil roulant. Il est condamné à une vie très limitée et est totalement dépendant de ses parents et de Fern pour tous ses gestes du quotidien. Pourtant, il savoure la vie à 200%. Il est drôle, intelligent, il a, lui aussi, le cœur sur la main. En dehors des cours, il aide son père qui est l’entraineur de l’équipe de lutte au lycée.
Dans cette équipe, il y a notamment Ambrose, « Hercule », l’idole de son lycée. Il a tout pour lui, il est beau, talentueux, intelligent. Il fera certainement une belle carrière sportive. Il est aussi le fantasme vivant de Fern même si elle sait qu’il ne la verra jamais comme elle le voit.
Quand Rita, son amie, lui demande de l’aide pour draguer Ambrose, la gentille Fern accepte. Elle se fait passer pour Rita et commence alors un échange épistolaire avec celui qu’elle aime…

Le cadre est posé, on en sait plus sur les personnages. C’est un peu long à se mettre en place, mais c’est nécessaire. On se dit à ce moment là que Fern va ouvrir le cœur du bellâtre et qu’il va tomber amoureux d’elle ou qu’il faudra attendre que Fern devienne belle. On se dit que Bailey va les quitter, car cette maladie ne laisse que peu d’espoir.

Et puis le roman prend une autre tournure. C’est le drame du 11 septembre. Les tours s’effrondent. Ambrose, sur un coup de tête ou par pratiotisme naissant, suivi par quatre de ses amis lutteurs, va s’engager dans l’armée, direction l’Irak. Les choses ne vont pas très bien se passer là-bas…Le bel Appolon, à qui tout a toujours souri, revient changé (physiquement et moralement)… Sa vie semble être brisée. C’est sans compter sur Fern et Bailey qui sont bien décidés à ne pas le laisser seul.

On suit alors la reconstruction d’Ambrose, son deuil, l’acceptation de la différence, par lui et par les autres. On observe la naissance des sentiments : la colère, la haine, la tristesse, l’amour et l’amitié, le pardon. On voit l’évolution des autres personnages, dans leur vie, dans leurs relations à l’autre.

L’émotion monte crescendo dans ce roman jusqu’à atteindre un point culminant. Et là, c’est la déchirure. L’auteur nous balance une bombe à laquelle on ne s’attend pas. Enfin, si ! Je m’y attendais, mais pas de cette façon. Pas comme ça ! Je ne peux pas en dire trop, mais vous comprendrez si vous le lisez. Ce passage a été très éprouvant émotionnellement.

L’écriture de l’auteur est fluide, presque poètique. Je me suis laissée emporter. Elle ponctue son texte de nombreux flash-back pour mieux comprendre les liens que chacun tisse avec l’autre, pour mieux comprendre qui sont ces personnages auxquels on ne peut que s’attacher. Les chapîtres sont courts, la lecture est donc très rythmée. Une fois lancé, on ne s’arrête plus.

Tous les personnages sont attachants à leur manière mais j’ai eu un vrai coup de cœur pour le personnage de Bailey. J’ai trouvé qu’il portait vraiment le roman. C’est un garçon qui se sait condamné par la maladie, qui vit en fauteuil et qui dépend totalement des autres, mais qui aime la vie, en savoure chaque instant. Il est drôle, positif, touchant, courageux et de bon conseil. Un héros, une leçon de vie à lui seul.

« – Si Bailey n’était pas myopathe, il ne serait pas le même. Le Bailey intelligent et sensible à la fois, qui comprend tant de choses qui nous échappent. Tu ne l’aurais peut-être jamais remarqué s’il n’était pas malade, si c’était un simple lutteur dans l’équipe de son père, qui ferait ce que font tous les autres mecs. Une des raisons pour lesquelles Bailey est si génial, c’est parce que la vie l’a sculpté pour en faire quelqu’un d’extraordinaire… peut-être pas à l’extérieur mais à l’intérieur. A l’intérieur, Bailey ressemble au David de Michel-Ange. Et quand je le regarde, et quand tu le regardes, c’est ce que nous voyons. »

Au delà de l’histoire d’amour de Fern et Ambrose et de l’amitié de tous ces personnages, c’est surtout l’histoire d’une reconstruction morale, d’un deuil, de l’acceptation de soi et de la différence, C’est une belle leçon sur la tolérance, la beauté au-delà des apparences, l’amitié, l’amour, le courage et la lutte.

En conclusion, « Nos faces cachées » est une belle découverte. Une vraie leçon. Un roman percutant et bouleversant qui donne à réfléchir sur nous et sur la vie.

« Peut-être que nous sommes une pièce de puzzle, poursuit-elle. On s’emboîte tous pour former cette expérience qu’on appelle la vie. Aucun de nous ne comprend le rôle qu’il joue ni n’imagine à quoi ça va ressembler au final. Peut-être que ce qu’on appelle miracle n’est que la partie émergée de l’iceberg. Et peut-être qu’on n’est pas capable de voir les choses merveilleuses qui naissent des tragédies. »


informations
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commentaires
  1. […] ma lecture de «Nos faces cachées» qui m’a laissée un peu toute chamboulée, j’ai eu envie d’une lecture […]

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  2. […]  « Nos faces cachées » avec la mort poignante d’un personnage très touchant Ma chronique […]

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