« Mes sincères condoléances » de Guillaume Bailly

Publié: 20 mai 2015 dans Nouvelle / Recueil
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Parution: Octobre 2014 Edition: Editions de l'Opportun Genre: Recueil

Parution: Octobre 2014
Edition: Editions de l’Opportun
Genre: Recueil

 


4eme couverture
« Quand on est croque-mort, c’est 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ! Avouez simplement votre profession et votre soirée entre amis se transforme immédiatement en interrogatoire. Comment devient-on croque-mort ? Embaumer, c’est facile ? Et les familles, elles sont comment ? Et les phénomènes étranges, ça existe ? C’est vrai tout ce qu’on raconte sur les cimetières ?… Fort de ma longue expérience de croque-mort, j’ai voulu partager les petits dérapages et les grands moments de certains enterrements : bourdes familiales, lapsus macabres, incidents techniques, demandes surprenantes et gaffes en tout genre sont en effet légion ! » L’enterrement est un moment fort, solennel, unique…

Mais le dernier hommage à un proche peut parfois devenir culte ! Les cérémonies sont souvent le théâtre d’événements étonnants, tantôt drôles, tantôt extravagants, mais toujours originaux. Entre rire et larmes, l’auteur nous ouvre les portes d’une profession qui préfère généralement le secret aux révélations. Cet ouvrage garanti « 100 % vécu » vous permet de découvrir avec bienveillance ces histoires inimaginables aux scénarios improbables…
Et pourtant tout est vrai !


Mon avis
Fort de son expérience de croque-morts, Guillaume Bailly nous livre des anecdotes diverses vécues par lui-même ou par des collègues.

Ce sont des histoires cocasses, drôles, parfois tristes, quelques fois à la limite du surréalisme qu’on nous propose de lire. Ces textes plus ou moins courts sont entrecoupés d’apartés. D’abord, sur les réactions des gens lorsqu’ils découvrent qu’il est croque-morts puis sur les significations ou origines de certains mots du vocabulaire du métier. J’ai trouvé les explications vraiment très intéressantes. Ça nous en apprend beaucoup sur des mots qu’on connaît tous, finalement.

Ce recueil m’a fait vivre plein d’émotions différentes. J’ai, parfois, bien ri avec certaines histoires: les morts bêtes, les bourdes, les situations grotesques, les demandes improbables. J’ai aussi été très émue par certaines histoires: la petite mamie qui met son chagrin de côté pour soutenir sa famille, les personnes décédées et retrouvées des mois plus tard dans l’indifférence totale, les familles qui veulent que la cérémonie soient rapides pour se rendre chez l’huissier, les personnes enterrées dans les fosses communes…

L’auteur nous parle d’une profession, finalement, assez tabou. Ces petites anecdotes donnent une vision peut être plus humaine des personnes qui travaillent dans ce domaine. Il nous parle avec beaucoup de respect des défunts et de leur famille. Même si on rit beaucoup de certaines perles, on sent le professionnalisme et l’amour de son travail même si ça ne doit pas être facile tous les jours.

C’est intéressant de voir comment chaque personne réagit différemment à la mort, au deuil. Certains sont vraiment touchants, d’autres choquants. 
J’ai beaucoup aimé lire le dévouement des employés des pompes funèbres pour que chacun puisse avoir un enterrement décent, que les familles soient respectées dans leur tristesse et leur volonté.

« Mes sincères condoléances » est un recueil que je ne pensais pas apprécié autant. C’est un environnement de travail qu’on ne voit pas forcément positivement à cause des circonstances qui nous amènent à le côtoyer. J’ai trouvé intéressant de voir l’envers du décor et donner un petit côté « humain » à tout cela. Et quand c’est fait avec humour, parfois noir, ça fonctionne assez bien. 

 

Idée reçues:

On nous reproche souvent, à nous les croque-morts, de gagner notre vie sur le malheur des gens. Ma réponse est simple: oui, c’est vrai, et je l’assume sans complexe.
Je gagne ma vie grâce au malheur des gens, comme les pompiers gagnent leur vie grâce au malheur des pauvres gens prisonniers des immeubles en feu, comme les policiers gagnent leur vie grâce au malheur des faibles qu’il faut protéger contre les agressions, des victimes à qui il faut rendre justice, comme les médecins, les infirmières, les aides-soignantes gagnent leur vie grâce à la maladie et au vieillissement, qui nous frappent tous un jour ou l’autre.
Simplement, les gens dont je m’occupe sont morts, et les endeuillés cherchent toujours un responsable. On nous reproche parfois juste d’être là, mais que se passerait-il si, justement, nous n’étions pas là ?…

 

 

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