« Tout ce qui m’est arrivé après ma mort » – Ricardo Adolfo

Publié: 10 septembre 2015 dans Littérature contemporaine
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Parution: Avril 2015 Edition: Métaillé Genre: Littérature étrangère

Parution: Avril 2015
Edition: Métaillé
Genre: Littérature étrangère

 


4eme couverture
« Et je n’arrivais pas à m’habituer à vivre mort. »

Brito a émigré clandestinement dans une ville qu’il ne connaît pas et dont il ignore la langue. Un dimanche après-midi, à la suite d’un incident dans le métro, après avoir fait du lèche-vitrine avec sa femme et son fils, il se perd et ne retrouve plus le chemin de sa maison. Le retour chez lui s’avère impossible. Après une nuit d’errance dans la ville, où il ne rencontre que des étrangers qui ne parlent pas sa langue, il se rend compte que s’il ne demande pas de l’aide il se perdra pour toujours, mais que s’il le fait il détruit tout son rêve d’une vie nouvelle. En moins de 24 heures l’auteur explore ce que signifie vivre en ayant l’impression d’être immigré à l’intérieur de soi-même, ce qui s’avère plus difficile que l’exil.  

« Une lecture sublime ; un Portugais qui écrit des livres comme Almodóvar fait des films. » Néon (Allemagne)

 


Mon avis


C’est une aventure insolite, loufoque, à la limite de l’absurde que vit ici Brito.
Après une après-midi shopping et un incident de métro, Brito, sa femme et leur fils se retrouvent sans moyen pour rentrer chez eux. Pour vous et moi, cela ne poserait aucun soucis. Nous pourrions aller voir un agent et lui demander une solution alternative, prendre un taxi, un bus ou que sais-je encore. Mais pour Brito, rien n’est simple. Immigré clandestin, il ne parle pas la langue de son pays d’accueil et préfère éviter par tous les moyens de se faire remarquer. Il ne doit pas prendre le risque d’être renvoyé au pays.

Commence alors un périple pour rejoindre le foyer familial dont il ne connait même pas l’adresse. Un périple dans lequel il prendra des décisions insensées, rencontrera des personnes avec lesquelles il ne peut pas communiquer, fera face à des situations totalement absurdes et se fera maudire par sa femme.

A travers cette mésaventure, Brito nous raconte sa vie d’étranger dans un pays où il n’existe pas. Comment exister lorsqu’on ne peut pas communiquer avec l’autre? Comment exister lorsqu’on ne trouve pas de travail et qu’on ne peut s’occuper de sa famille? Comment exister lorsqu’on ne doit pas se faire remarquer? Voilà ce qu’est la vie de Brito: « vivre mort ».

J’ai eu beaucoup de mal à comprendre le titre de ce roman. Il faut dire que j’ai vraiment été perturbée par ma lecture. C’est un roman particulier, que j’ai parfois eu du mal à suivre puisque nous sommes dans l’esprit de notre personnage principal qui finalement se perd un peu en lui-même. Et puis, lorsque j’ai tourné la dernière page, pris un peu de recul, j’ai compris le sens. Brito est « mort » le jour où il a quitté son pays et ses repères. Le voilà dans un nouveau pays, comme un nouveau né, où tout est à apprendre, tout est à acquérir de nouveau. Et la chose n’est pas vraiment facile. Brito le vit mal et ne sait pas comment s’en sortir et la mésaventure narrée dans ce livre symbolise finalement la vie de cet exilé, de tous les exilés…

Comme je l’ai dit, j’ai eu du mal à ne pas me perdre dans ce livre. C’est assez décousu, un peu répétitif, mais pourtant c’est rythmé, drôle et complètement décalé. Je me suis parfois perdu dans les dialogues. L’auteur n’utilise ni tirets ni autres signes distinctifs. J’ai eu des difficultés à connaître l’identité de celui qui parle: Brito ou sa femme? Monologue ou dialogue? Les pensées de notre personnage principal partent tellement dans tous les sens qu’on a du mal à s’y retrouver. Ses décisions n’ont aucun sens et l’histoire s’en ressent.

J’ai bien cru, au début de ma lecture, que j’allais abandonner. Je n’accrochais pas vraiment, je ne voyais pas où l’auteur voulait en venir. Cependant, j’ai persisté et je ne le regrette pas. Au delà de ces situations absurdes, il y a un vrai message, celui du quotidien de l’étranger: le logement minuscule, l’emploi précaire et non valorisant, la pauvreté, la difficulté d’intégration, le mal du pays, l’indifférence et le mépris…

Je trouve qu’en cette période où ce sujet rejoint l’actualité, ce roman peut être intéressant à lire, pour réfléchir et comprendre.

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commentaires
  1. […] Underground 46. « L’histoire sans fin » – Mickaël Ende 47. « Tout ce qui m’est arrivé après ma mort » – Ricardo Adolfo 48. « Ce si joli trouble » – Cora Carmack 49. […]

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