« A bout de mères » de Rachel D. Forêt

Publié: 21 mars 2015 dans Nouvelle / Recueil
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Parution: Mars 2015 Edition: Auto-édition Genre: Nouvelles

Parution: Mars 2015
Edition: Auto-édition
Genre: Nouvelles

 


4eme couverture
Comme les deux faces indissociables d’une médaille,
la maternité a son revers.
Les mères amères sont à bout.
Le reflet dans le miroir s’est teinté des plus sombres pensées,
des plus noirs desseins.
Mères monstrueuses, égoïstes, passives, impuissantes…
Qu’elles subissent, agissent ou réagissent,
elles souffrent à travers et pour leur enfant.
Derrière la comédie des apparences,
les neuf nouvelles de ce recueil explorent les facettes obscures de l’âme humaine.

 


Mon avis
Je voudrais tout d’abord remercier Rachel D. Forêt qui m’a permis de découvrir ses écrits grâce à ce service presse.

Je savais à quoi m’attendre en lisant ce recueil: la lecture risquait d’être difficile, perturbante, émouvante. Et effectivement, je suis passée par un tas d’émotions!
Dès l’avant-propos, l’auteur nous explique qu’elle souhaite aborder le thème de la maternité. Il est souvent associé au bonheur de la naissance et de voir grandir ce petit prolongement de soi. Ici, il est présenté de manière beaucoup plus sombre : la perte de l’enfant et la reconstruction de la famille après celle-ci, la dépression post-partum, l’amour d’une mère dans la pire situation, etc.
Des sujets sensibles, déchirants et abordés de manières différentes : du poème à la nouvelle en passant par la lettre. Certains textes ont pour toile de fond le fantastique, les légendes et les croyances tandis que d’autres s’appuient sur des scènes du quotidien, plus réalistes.

« A bout de mères » est finalement beaucoup plus qu’un recueil sur le thème de la maternité. L’auteur a posé les mots pour nous l’expliquer. Les voici :

« À bout de mères » est l’aboutissement de ma petite thérapie personnelle. Puisse-t-il être l’occasion pour chacun d’entre vous de se déculpabiliser ou de porter un regard plus indulgent à ces mères en souffrance.

Même si cette lecture n’était pas des plus faciles, à cause des sujets abordés, je l’ai beaucoup apprécié. Rachel D. Forêt a une plume très agréable, douce, poétique et qui transmet beaucoup d’émotions. Les mots choisis donnent une mélodie tantôt nostalgique et triste, tantôt grinçante et emprunte de colère pour les personnages.

Certains textes m’ont parlé plus que d’autres. Je pense que c’est une question de ressenti pour chaque lecteur, en fonction de sa sensibilité, de son vécu. Certains textes sont perturbants, comme « Nuit invisible » qui parle du sujet le plus détestable selon moi, le plus dur à lire, le plus dur à digérer. D’autres textes nous amènent à nous poser des questions, d’autres encore nous donnent à réfléchir sur un sujet tel que la dépression post-partum.

Ces poèmes, nouvelles, lettres, aussi touchants, perturbants, déchirants soient-ils ne tombent jamais dans l’excès. L’auteur prend soin d’utiliser chaque mot à bon escient. Il n’est pas question de faire pleurer dans les chaumières, de dramatiser ou d’horrifier. Il est juste question de poser les bons mots sur des choses réelles.

Je ne savais pas trop comment vous présenter ce recueil. Je trouve que le plus simple est de vous les présenter un à un, sans vous en dire trop pour ne pas gâcher votre plaisir lorsque vous le lirez à votre tour.

« Apparences » : Un texte sous forme de poème, très court sur le rejet de l’enfant dans l’ignorance totale de l’entourage. Celui-ci ne m’a pas forcément plu. Beaucoup trop court ou je n’ai tout simplement pas été touchée.

« Aokigahara » : Un texte qui figure parmi mes préférés. C’est une nouvelle sur fond de légende. C’est une quête de la survie et de la vérité pour des parents ayant perdu leur enfant. C’est très émouvant.

« Nuit invisible » : L’auteur aborde ici un sujet horrible : l’inceste. C’est une lecture très difficile, perturbante, je me suis sentie mal à l’aise. J’ai dû faire une petite pause dans ma lecture après ça, le temps de la digérer. L’auteur a ajouté une petite touche de fantastique à cette nouvelle. Peut être pour alléger cette atmosphère très lourde qui s’en dégage, mais je trouvais que sans ça, le texte se suffisait à lui-même.

« Un prénom si ressemblant » : C’est l’histoire d’une mère qui se sent rejetée par son enfant et son mari. La fin inattendue nous permet de comprendre le pourquoi… Je ne vous en dis pas plus, sinon que c’est triste, mais rassurant à la fois.

« Lettre à moi-même » : Sous forme de lettre, une mère s’écrit à son « soi futur » espérant que les choses ont changé pour elle, que sa dépression post-partum a fini par disparaître. Une idée originale pour un sujet assez dur et triste.

« Clichés » : Une mère retrace la vie de son enfant en feuilletant un album-photos. Ce texte nous donne à réfléchir : jusqu’à quel point aimons-nous notre enfant ? J’ai beaucoup aimé ce texte même si la fin m’a mise assez mal à l’aise, mais je pense que c’est cela qui crée la réflexion.

« Shégué » : Un texte qui m’a beaucoup plu. Sur fond de croyances et traditions africaines, une mère a perdu son enfant de façon injuste. Une histoire troublante que celle de la petite Promédi.

« La chose » : Cette courte histoire poignante est celle d’une mère qui lutte contre ses sentiments négatifs à l’égard de son bébé.

« J’aurais aimé » : Un texte poétique parfait pour clôturer ce recueil. C’est très joli mais triste. C’est la peine d’une maman qui a perdu son enfant.

Si je n’ai pas forcément aimé tous ces textes, le recueil dans son ensemble est très bon. Il nous permet d’entrevoir beaucoup de facettes sombres d’une maternité qu’on aurait tendance à idéaliser. On y comprend en tout cas, qu’être une maman n’est pas toujours inné, on le devient, parfois à travers des chemins bien tortueux.

Je ne peux que vous conseiller de lire ce recueil, perturbant, émouvant et particulièrement bien écrit.



Si vous souhaitez vous lancer dans cette lecture, vous trouverez le recueil en format numérique pour 2.99 ici ou en format papier à 8.50 en contactant l’auteur directement ici.

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commentaires
  1. Rachel D. Forêt dit :

    Merci pour cette jolie chronique 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. […] « A bout de mères » de Rachel D. Forêt. Il ne s’agit pas ici d’un roman mais d’un recueil sur le thème de la maternité, mais je souhaitais le faire apparaître dans ce top. Je ne peux que vous conseiller de le lire: c’est perturbant, émouvant et particulièrement bien écrit. […]

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